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 Comment jouer les grosses paires ?

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MessageSujet: Comment jouer les grosses paires ?   Mar 6 Juil - 13:55

Les Paires d’As, de Rois, de Dames sont des mains très fortes avec lesquelles il faut savoir doser ses relances pour minimiser les risques d’être battu par des mains inférieures tout en tâchant d’extraire le maximum des bons jeux susceptibles de payer. Mais quid des Valets ?


On joue quelquefois des heures entières juste pour l’émerveillement de découvrir l’une de ces mains exceptionnelles que sont les paires d’As, de Rois, de Dames et, dans une moindre mesure, la paire de Valets. Statistiquement, vous avez 0,45% de chances d’ouvrir une paire spécifique, en l’occurrence ici une de ces paires, soit une fois toutes les 221 mains (voir page Statistiques). Donc, en théorie, vous recevrez l’une de ces 4 paires spécifiques environ une fois toutes les 55 mains (221/4 = 55,25). Soit à peine 6 tours d’une table pleine de 9 joueurs ! On ne jurerait pas, et pourtant…

Mais quand ces paires pointent le bout de leur nez, surtout pas d’emballement et pas de précipitation. Car ces oiseaux rares sont souvent l’occasion de réaliser un profit substantiel, pour peu que l’on prenne le temps de réfléchir à la meilleure façon de les jouer en fonction de sa position, de son tapis et de la table. Or, les débutants (et quelques autres) sont si souvent terrorisés à l’idée de voir leurs As et autres grosses paires « brisés » par des mains de départ très nettement inférieures qu’ils font des relances démesurées (le fameux overbet), si bien qu’ils ne récoltent plus que les blindes. Dommage, non ? Le pendant inverse n’est d’ailleurs pas moins fréquent : par peur de n’être pas suivi, certains ne relancent pas pré-flop, ou alors font des relances si timides qu’elles sonnent comme une invitation ! Loin de toute stratégie, ces deux types de comportement relèvent de l’émotion pure : les très grosses paires sont une telle rareté qu’on ne veut pas les « gaspiller ».

Il existe bien entendu un juste milieu entre ces deux approches extrêmes et aussi maladroites l’une que l’autre. Voyons donc comment jouer ces paires de la façon la plus profitable possible, et dans quelle mesure il est judicieux ou pas de faire un slowplay avec ces mains de tout premier choix. Nous tenterons également de savoir s’il faut considérer la paire de Valets comme une grosse paire ou plutôt comme une paire intermédiaire.


AA, American Airlines

La meilleure main de départ possible au Hold’em. 94,1% de chances de l’emporter face à AR, 89% face à deux cartes inférieures, 82% face à une autre paire et enfin 77% de chances de gain face à deux petits suited connectors ! Les chiffres sont éloquents, la paire d’As est l’écrasante favorite de n’importe quelle confrontation. Et si elle peut supporter un rival supplémentaire, les choses se compliquent sérieusement dans un match à quatre joueurs, et les chances de la paire d’As chutent de façon notable. C’est pourquoi, si grande soit la tentation d’attirer le maximum de clients dans le coup et de faire un slowplay avec votre paire d’As, n’y succombez pas : relancez avant le flop. Car un accident est vite arrivé… Par exemple, en ne mettant pas hors course la grosse blinde qui, avec 6-7 dépareillés et un flop 4,5,8 sans tirage couleur, vous vous exposez à laisser filer tout votre tapis (presque) sans vous méfier. Donc, la relance pré-flop vous permet de chasser les mains moyennes et de tirage, qui peuvent vous faire très mal quand elles touchent, tout en vous assurant de conserver l’avantage originel de vos As.

Outre ces aspects « préventifs », une relance pré-flop digne de ce nom (3 à 4 fois la surblinde) a aussi pour objectif de grossir le pot que vous vous apprêtez à remporter. Car en toute logique, si votre relance est substantielle, vous ne devriez être payés que par des mains solides par une belle paire (Dix et au-delà), ou par de gros suited connectors du type RD assortis. Dans la majorité des cas, vous affronterez donc un à deux adversaires, rarement plus ; contre lesquels vous êtes favori avec le type de mains évoquées, et qui risquent fort de payer toutes vos mises si le board est inoffensif pour le détenteur de la paire, ou si les gros connectors ont trouvé leur top pair.

Et si personne ne suit votre relance pré-flop, cela ne peut vouloir dire que deux choses. La première, la plus triviale, est tout simplement que personne n’avait un jeu qui méritait que l’on vous suive ; et, aussi frustrant que ce puisse être de ne ramasser que les blindes ou les mises de quelques limpers, dites-vous bien que vous sentiriez autrement plus lésé si votre paire d’As perdait contre une main du type 7-8 ou 9-10 dépareillés ! La seconde, que vous relancez trop rarement pour ne pas être « grillé » quand vous le faites. En d’autres termes, cela signifie que vous êtes frileux et prévisible. Ce qui n’est jamais bon au poker !


KK, King Kong

Tout comme la paire d’As, la paire de Rois ne supporte pas trop de compagnie. Il vous faut donc restreindre le champ d’action en relançant avant le flop (toujours au minimum 3 fois la surblinde), et ce depuis n’importe quelle position. Si vous avez plusieurs limpers avant vous, votre relance doit être plus importante encore car une cote intéressante pourrait finir par allécher beaucoup trop de monde à votre goût. Si vous êtes dans les premiers de parole et que vous subissez une sur-relance, ripostez en sur-relançant à votre tour ; de même, si un joueur parmi les premiers de parole relance, n’hésitez pas à le sur-relancer. Car il est à peu près sûr qu’à ce stade, vous avez la meilleure main de départ (bien sûr, les rencontres-catastrophe AA vs RR existent, mais elles sont somme toute assez rares).

Et tout comme la paire d’As, la paire de Rois est une main idéale pour « attraper » les jeux du type top pair/top kicker. Ainsi, si vous êtes callé par une un joueur ayant AV assortis et que le flop est V-x-x, votre adversaire aura le sentiment d’avoir le meilleur jeu. C’est ici que le slowplay prend tout son sens. Car il vous suffit de laisser votre adversaire mener la danse, de lui donner l’illusion qu’il a le meilleur jeu pour finalement le cueillir en lui tombant dessus au turn ou même à la river. Passé l’effet de surprise, il pensera à un bluff de nécessité ou se dira qu’après tout ce qu’il a investi dans le coup, il ne peut décidément pas se coucher avec ce qui est, somme toute, un bon jeu. Dans un cas vous lui prenez tout, dans l’autre vous le forcez à réaliser un fold difficile et pénible.

Mais le problème avec la paire de Rois, c’est qu’elle s’effondre face à un As. Or, typiquement, votre relance sera suivie par les joueurs ayant une paire, mais aussi par des mains du type AR, AD, voire AV. Et même si vous êtes largement favori face à ces mains (70/30), si un As venait à tomber au flop, vous êtes battu. Mais attention ! Cela ne signifie pas qu’à chaque fois qu’il y a un As au flop votre paire de Rois ne vaut plus rien. D’abord parce que vous pouvez toujours toucher un Roi (si, si, ça arrive). Ensuite et surtout parce que rien ne dit que votre adversaire a un As en main ! Il peut avoir suivi avec une paire inférieure, une main de tirage du type 10V assortis… Si vous lui faites sentir que l’As vous effraie, alors il lui suffira de vous bluffer. Mais si vous « sentez » qu’il a un As, alors laissez tomber et jetez votre paire de Rois sans remords et surtout sans un centime de plus. La meilleure façon de savoir si votre adversaire a un As ? La mise au flop. Si vous êtes premier de parole, misez par exemple la moitié du pot. S’il suit (voire relance), méfiez-vous, il a de bonnes chances d’avoir touché son As ou tout autre gros jeu. Et si vous êtes second à parler, testez-le : misez s’il checke, et relancez-le s’il mise. Vous serez ainsi assez vite fixé… Au poker, il ne faut jamais oublier que les mises ne sont ni plus ni moins que des questions que l’on pose à ses adversaires : assumeras-tu mon enchère ? as-tu le meilleur jeu ? Et ils nous répondent exactement de la même manière…


Ces Dames sont dangereuses

La paire de Dames, en tant que main très forte, mérite elle aussi une solide relance pré-flop. Toujours pour se protéger des mains moyennes et marginales, pour limiter le coup à deux ou trois joueurs au maximum et pour grossir le pot. Mais ici, vous espérez aussi avoir écarté les mains du type RV ou A5, car les Dames, elles craignent à la fois les As et les Rois au flop.

Si un joueur se contente de suivre, et que le flop ne comporte ni As ni Roi (ce qui sera le cas les deux tiers du temps), alors jouez vos Dames comme les As ou les Rois : en misant. Vous gagnerez le pot arrêté si votre (ou vos) adversaire(s) n’a rien touché, piégerez celui qui aura top pair/ top kicker, et ferez commettre une faute à celui qui vous suivrait sur un hypothétique tirage.

Cependant, à la différence de la paire d’As ou de Rois, la paire de Dames, quand elle est sur-relancée, ne peut guère faire mieux que de se contenter de caller dans le meilleur des cas. Car contrairement aux As et aux Rois, elle ne peut guère être sûre d’être la meilleure à ce stade, en particulier si la sur-relance vient d’un joueur réputé plutôt tight. Elle peut se retrouver face à AA, RR et, plus souvent, face à AR. Battue à contre 1 par les paires supérieures, la paire de Dames a à peine plus d’une chance sur deux face à AR. Si vous pouvez vous permettre de risquer votre tapis sur un coin flip* en cash game, il vous faudra y réfléchir à deux fois en tournoi, en particulier si votre survie est menacée. Mais les pros vous l’expliqueront mieux (voir encadré).

Comme vous pouvez le constater, le niveau de complexité de vos décisions augmente à mesure que la hauteur de votre paire diminue… Descendons encore d’un cran pour nous pencher sur la paire Valets.


Les Valets, des subalternes ?

La paire de Valets est sans aucun doute la plus difficile à jouer. En ce qui la concerne, la théorie se réduit à peu de choses près à un no man’s land. Normal, c’est une paire relativement « bâtarde » : ni tout à fait une grosse paire, ni tout à fait une moyenne. En effet, la moitié du temps, le board contiendra une carte supérieure au Valet, et l’autre moitié la paire de Valets sera une overpair.

Alors, comment aborder ces Valets un peu casse-pieds ? De trois façons principales, selon votre position et les éventuelles relances adverses.

La première : la relance pré-flop. Si elle vous garantit le gain du pot arrêté, tant mieux. La bataille, qui s’annonce généralement rude avec les Valets, n’aura pas lieu. Si vous êtes suivi, soyez prêts à miser même si le flop comporte une overcard, car sinon, pourquoi relancer ? En effet rien ne sert de relancer pour finalement afficher votre faiblesse en checkant sur un flop musclé ; autant avouer tout de suite à votre adversaire que vous avez une paire inférieure en main. S’il joue au Hold’em depuis un peu plus d’une semaine, il devrait normalement en profiter pour miser, et ce quelles que soient ses cartes ! Et là, il vous sera en toute logique assez difficile d’assumer son enchère…

La seconde : limper. Si le flop affiche des cartes du type 10-4-2 et qu’un adversaire a A10, le coup pourrait alors s’annoncer assez sanglant…pour lui ! Car il y a assez peu de chances pour qu’il vous mette sur une overpair de Valets cachée. De même si vous touchez votre brelan au flop et qu’un joueur, lui, trouve top pair/top kicker, vous pouvez faire un carnage si vous vous y prenez habilement.

La dernière : le fold. La paire de Valets n’étant tout de même pas une paire de Deux, ne passez que si deux autres joueurs entrent dans une compétition de surenchères qui n’augure rien de bon pour vous. En effet, si l’un d’eux a peut-être AR, l’autre a forcément une paire supérieure aux Valets.

* Coin flip : coup à pile ou face

source live poker
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